Incroyable découverte : des scientifiques observent un minuscule pseudoscorpion chevauchant un scorpion pour la première fois.

Patrick Lesggie

Nannowithius wahrmani phorétique sur un Birulatus israelensis. Crédit : S. Aharon

Une récente étude menée par Yoram Zvik, le Dr Sharon Warburg et la Dr Efrat Gavish-Regev dans les collections nationales d’histoire naturelle de l’Université hébraïque de Jérusalem, a documenté la toute première observation de la phorésie entre un pseudoscorpion myrmécophile et un scorpion myrmécophile.

La phorésie, un phénomène bien établi chez les pseudoscorpions, implique leur attachement à des hôtes pour se disperser dans de nouveaux environnements. Les cas documentés de phorésie incluent les pseudoscorpions qui se fixent à divers hôtes, allant des mammifères et des oiseaux aux différents ordres d’insectes et même à d’autres arachnides.

Jordan Valley

La zone d’étude principale dans la partie nord de la vallée du Jourdain, où ont été trouvés Birulatus israelensis et Nannowithius wahrmani. Crédit : Y. Zvik

L’étude portait sur des pseudoscorpions appartenant à une espèce endémique de la famille des Withiidae, Nannowithius wahrmani, observée se cramponnant à l’espèce de scorpion endémique Birulatus israelensis en Israël.

La famille des Withiidae, comprenant 37 genres et 170 espèces, est présente dans le monde entier, avec une présence significative dans les régions tropicales et subtropicales. Les espèces du genre Nannowithius présentent des tendances myrmécophiles, formant des associations symbiotiques avec les colonies de fourmis.

Pseudoscorpions et scorpions en symbiose

L’étude porte sur les pseudoscorpions du genre Nannowithius observés sur le scorpion Birulatus en Israël, marquant la première observation enregistrée de pseudoscorpions pratiquant la phorésie sur un hôte scorpion.

Nannowithius wahrmani Phoretic on a Birulatus israelensis Close Up

Nannowithius wahrmani phorétique sur un Birulatus israelensis. Crédit : Y. Zvik

Dans le cadre de son Master à l’Université hébraïque de Jérusalem, au laboratoire du Dr Gavish-Regev et du Pr. Dror Hawlena, Yoram Zvik, maintenant doctorant au laboratoire du Pr. Eran Gefen, Université de Haïfa, a mené une étude extensive de sept ans, comprenant des relevés sur le terrain, le suivi des nids et des observations dans la partie orientale d’Israël. Plus de mille observations de Birulatus israelensis ont été documentées, avec seulement deux observations de l’espèce de pseudoscorpion Nannowithius wahrmani sur le dos du scorpion à des dates spécifiques à la fin du printemps.

La co-évolution de ce comportement phorétique suggère un mécanisme de dispersion efficace, potentiellement déclenché par l’activité de fourrage élevée des fourmis Messor en fin de printemps. L’étude soulève des questions intrigantes sur les signaux de dispersion, la relation coévolutive entre les pseudoscorpions et les scorpions, et les avantages potentiels de cette interaction symbiotique.

Nannowithius wahrmani

Nannowithius wahrmani. Crédit : S. Warburg

Cette observation révolutionnaire élargit non seulement notre compréhension du comportement des arachnides, mais ouvre également des voies pour de futures recherches sur le monde complexe des relations symbiotiques au sein de l’écosystème des nids de fourmis. La découverte incite à explorer davantage les interactions symbiotiques complexes au sein des écosystèmes de nids de fourmis, y compris comment les pseudoscorpions échappent aux fourmis, leurs hôtes alternatifs, et les signaux de dispersion à la fois pour les pseudoscorpions et les scorpions.

Référence : “Hitching a ride on a scorpion: the first record of phoresy of a myrmecophile pseudoscorpion on a myrmecophile scorpion” par Sharon Warburg, Yoram Zvik et Efrat Gavish-Regev, 29 décembre 2023, Arachnologische Mitteilungen Arachnology Letters.
DOI : 10.30963/aramit6605