Le Soleil libère sa puissante colère X2.8 : la NASA capture un spectacle stellaire impressionnant

Patrick Lesggie

L’Observatoire de la dynamique solaire de la NASA a capturé cette image d’une éruption solaire – telle qu’elle apparaît dans l’éclat lumineux en haut à droite – le 14 décembre. L’image montre un sous-ensemble de lumière ultraviolette extrême qui met en évidence le matériau extrêmement chaud des éruptions solaires, et qui est colorisé en bleu-vert. Crédit : NASA/SDO

La NASA a observé une importante éruption solaire de classe X2.8 le 14 décembre 2023, avec des impacts potentiels sur les systèmes technologiques terrestres, surveillés par le Centre de prévision météorologique spatiale de la NOAA.

Le Soleil a émis une puissante éruption solaire, culminant à 12h02 HNE, le 14 décembre 2023. L’Observatoire de la dynamique solaire de la NASA, qui observe constamment le Soleil, a capturé une image de l’événement.

Les éruptions solaires sont de puissantes décharges d’énergie. Les éruptions et les éjections solaires peuvent avoir un impact sur les communications radio, les réseaux électriques, les signaux de navigation et poser des risques pour les vaisseaux spatiaux et les astronautes.

Cette éruption est classée comme une éruption de classe X2.8. La classe X désigne les éruptions les plus intenses, tandis que le chiffre donne plus d’informations sur sa force.

Les éruptions solaires éjectent de la radiation

Les éruptions solaires – comme celle capturée par un satellite de la NASA en orbite autour du Soleil – éjectent d’énormes quantités de radiation. Crédit : NASA

Les éruptions solaires

Les éruptions solaires sont d’intenses décharges de radiation émanant de la libération d’énergie magnétique associée aux taches solaires. Elles figurent parmi les phénomènes les plus puissants du système solaire et peuvent avoir des effets significatifs sur l’environnement spatial terrestre.

Ces éruptions sont classifiées en fonction de leur puissance. Les classifications sont les suivantes :

  1. Éruptions de classe X : Il s’agit des éruptions les plus intenses. Elles peuvent provoquer des blackouts radio à l’échelle planétaire et des tempêtes de radiation durables, affectant les satellites et les astronautes. Les éruptions de classe X sont en outre catégorisées par un chiffre, un chiffre plus élevé indiquant une éruption plus intense. Par exemple, une éruption de classe X2 est deux fois plus intense qu’une éruption de classe X1, et quatre fois plus intense qu’une éruption de classe X0.5.
  2. Éruptions de classe M : Il s’agit d’éruptions de force moyenne. Elles peuvent provoquer de brefs blackouts radio dans les régions polaires et de légères tempêtes de radiation. Bien qu’elles ne soient pas aussi puissantes que les éruptions de classe X, elles peuvent encore avoir des effets perceptibles sur la météo spatiale terrestre.
  3. Éruptions de classe C : Il s’agit de petites éruptions avec peu de conséquences notables sur la Terre. Elles sont plus courantes que les éruptions de classe M et X, mais sont généralement trop faibles pour affecter significativement la météo spatiale.
  4. Éruptions de classes B et A : Il s’agit d’éruptions encore plus petites, souvent indétectables sans des instruments spécialisés d’observation solaire. Elles ont un impact minimal, voire inexistant, sur la Terre.

La classification est basée sur le flux maximal (nombre de photons) en watts par mètre carré, mesuré à l’orbite terrestre par le vaisseau spatial GOES. Ce système permet une manière rapide et facile de communiquer l’intensité des éruptions solaires et leur impact potentiel sur la météo spatiale et la Terre.

Concept artistique de l'Observatoire de la dynamique solaire

Concept artistique de l’Observatoire de la dynamique solaire (SDO). Crédit : NASA/Goddard Space Flight Center Conceptual Image Lab

L’Observatoire de la dynamique solaire de la NASA

L’Observatoire de la dynamique solaire (SDO) de la NASA est une mission clé dans l’étude du Soleil, jouant un rôle crucial dans notre compréhension de notre étoile la plus proche. Lancé le 11 février 2010, le SDO est spécifiquement conçu pour observer et comprendre l’activité solaire qui influence la Terre et la météo spatiale.

Les objectifs principaux du SDO sont de fournir une compréhension approfondie de l’influence du Soleil sur la Terre et l’espace proche en étudiant l’atmosphère solaire à petite échelle spatiale et temporelle, et simultanément dans de nombreuses longueurs d’onde. Ceci est crucial pour comprendre l’impact du Soleil sur notre planète, en particulier son champ magnétique et l’environnement spatial.

Le SDO est équipé d’une suite d’instruments sophistiqués. L’Assemblée d’imagerie atmosphérique (AIA) capture des images haute résolution de l’atmosphère solaire, l’Imageur héliosismique et magnétique (HMI) étudie le champ magnétique solaire et les mouvements dynamiques à l’intérieur du Soleil, et l’Expérience de variabilité ultraviolette extrême (EVE) mesure la sortie ultraviolette du Soleil.

Une des contributions les plus significatives du SDO est l’observation continue et détaillée du Soleil dans de multiples longueurs d’onde. Ces observations fournissent une vue complète des activités solaires telles que les éruptions, les éjections de masse coronale et les changements du champ magnétique solaire. Les données du SDO ont été fondamentales pour faire avancer notre compréhension du champ magnétique complexe et dynamique du Soleil, de sa production d’énergie, et de comment ces facteurs interagissent pour générer la météo spatiale.

En résumé, l’Observatoire de la dynamique solaire de la NASA est un atout clé dans la science solaire, fournissant des données précieuses qui aident les scientifiques à mieux comprendre le comportement du Soleil et ses effets sur la météo spatiale et la Terre.