C’est pas sorcier

C’est pas sorcier est une émission de télévision diffusée depuis 1993 de manière quasi-continue. Si depuis 2014 il ne s’agit plus que de rediffusions, les vidéos sont toujours autant appréciées et recherchées. Zoom sur ce programme atypique.

Histoire de l’émission de Fred et Jamy

Le principe du magazine est le suivant : expliquer à un jeune public des sujets complexes très divers. Le mode d’action : un gros, très gros camion et trois acolytes : Fred (Frédéric Courant) et Sabine (Sabine Quindou) d’un côté , qui partent sur le terrain visiter des usines, rencontrer des professionnels et poser les questions qui font avancer la réflexion. Et dans le camion ? Jamy (Jamy Gourmaud), figure phare de la série qui est là pour répondre aux fameuses questions ! Armés de maquettes et d’expériences en tous genres, Jamy nous expliquent par A+B les mystères de l’univers, l’organisation d’une ruche, le fonctionnement du corps humain ou encore les mécanismes physiques qui soulèvent une montgolfière.

Depuis le début des années 2000, ce sont donc deux duos de chocs que l’on découvre à l’écran : Sabine et Jamy ou Fred et Jamy. Seuls quelques épisodes événements rassemblent les trois protagonistes.

Un format d’épisode idéal et réfléchi

Chaque émission de c’est pas sorcier, comme c’est pas sorcier les gaulois constitue un projet à part entière : hormis quelques épisodes spéciaux, la durée de diffusion n’excède pas 30 minutes. Il faut compter une vingtaine de personnes pour préparer les sujets, mener les interviews, organiser les tournages, enregistrer et monter l’ensemble. De la prise de décision sur le sujet au montage final, deux mois et 110 000 euros sont nécessaires.

A la fin de l’année 2011, l’émission tente un rafraîchissement dans le but de s’inscrire davantage dans l’ère numérique et ainsi toucher un public plus large. Le camion-laboratoire laisse donc la place à des écrans tactiles, ce qui n’est pas au goût des téléspectateurs. C’est ainsi que le fameux camion et les maquettes du laboratoire, mascottes de C’est pas sorcier depuis sa création, réapparaissent à l’écran dès l’année suivante. Le camion ne peut cependant pas servir au lieu de tournage. Pour des raisons pratiques étant données la taille et la complexité des maquettes, les émissions sont réalisées en studio.

Si la dernière saison, diffusée jusqu’en décembre 2013 connaît plusieurs heurts, France 3 continue de programmer des rediffusions jusqu’en juin 2014. Depuis, c’est sur France Ô que l’on peut retrouver les épisodes de C’est pas sorcier.

Pourquoi un tel succès pour C’est pas sorcier ?

Les magazines d’information scientifiques sont nombreux à la télévision. Arte, par exemple, consacre beaucoup de documentaires à la vulgarisation de sujets techniques. C’est pas sorcier a su innover en s’adaptant à un public plus jeune et c’est bien là qu’est la ligne de force de l’émission. Repris par les professeurs des écoles et de collège, les épisodes sont un appui excellent pour expliquer certains concepts aux enfants. La série se distingue même en ayant gagné de nombreuses récompenses, notamment deux 7 d’or : celui de la meilleure émission éducative en 1999 et deux ans plus tard, le 7 d’or de la meilleure émission pour la jeunesse. Certains épisodes particulièrement pointus sont également salués par les critiques : prix Roberval du livre et de la communication en technologie pour l’épisode sur les ponts diffusé en 1996. L’émission a même su se démarquer hors des frontières françaises puisque l’épisode sur l’ordinateur a été récompensé en Espagne, au festival Unicaja par le prix du meilleur film d’enseignement.

Quels thèmes abordés dans les épisodes ?

La palette très large de sujets présentés a su conquérir de nombreux adeptes. Que vous vous intéressiez à la science, à l’économie ou à la mécanique, il y a forcément un épisode fait pour vous. A ce titre et sans surprise, les épisodes de C’est pas sorcier sont particulièrement appréciés par les professeurs qui y voient un excellent moyen de familiariser leurs élèves avec des concepts complexes et parfois obscurs. Il y a en tout plus de 550 épisodes répartis en six catégories.

L’une des plus importantes concerne tout ce qui touche à l’environnement, comme c’est pas sorcier les volcans l’agronomie et la biodiversité. On y retrouve des épisodes sur des animaux populaires comme les chevaux, ou les dauphins mais aussi d’autres moins connus (le hérisson ou la guêpe). L’écologie et le climat sont également présentes dans cette section (les mécanismes de l’orage) et certains épisodes mettent le focus sur des aliments particuliers appréciés des enfants (le chocolat et les bonbons).

La catégorie qui comporte le plus d’épisodes est celle de la physique, chimie et technologie. Ainsi, on découvre comment fonctionnent des réacteurs d’avion, des voitures de courses, les manèges…

De nombreux épisodes se consacrent aussi à la culture avec des zooms sur les grandes périodes de l’histoire de France (les templiers, la première guerre mondiale…) et d’autres se penchent aussi les arts du spectacle vivant (épisode sur les effets spéciaux au cinéma ou les coulisses de l’Opéra Bastille).

Une autre catégorie de sujets abordés dans C’est pas sorcier est celle qui touche aux connaissances de la Terre et de l’Univers. On y retrouve des thématiques comme la  conquête spatiale,  les phénomènes géologiques (tremblements de terre, éruptions volcaniques, etc.).

Une prédominance de la thématique du corps humain

Un thème récurrent au fil de la série est celui sur la santé et le sport. 80 épisodes sont recensés pour cette section qui s’intéresse au corps humain et à la médecine (les dents, l’anesthésie…). L’émission inscrit pour cette catégorie son objectif éducatif avec des épisodes parfois vecteurs d’un ton préventif (le cannabis, la sécurité routière…).

La dernière catégorie regroupe les épisodes qui se penchent sur une industrie ou une profession (les pompiers, les jouets, la police scientifique…). Fred ou Sabine part alors à la rencontre des spécialistes du secteur et Jamy dissèque les missions de ces derniers.

Sur la chaîne YouTube de l’émission on peut retrouver ces épisodes à loisirs. Mais ne vous trompez pas sur la tonalité : si les thématiques abordées sont très sérieuses, les épisodes sont aussi empreints d’humour. Et ça commence dès le titre : « il était Toon fois » pour un épisode consacré au dessin animé, « quand carapaces passent » pour cet autre qui présente les tortues, « nous risquons gros » pour un sujet sur l’obésité ou encore « dent pour dent » pour présenter l’intérêt du dentiste. Saurez-vous identifier le sujet de « Poulpes fictions ? ». Et pour ceux qui auraient besoin d’une petite pause dans tout ce flux d’information, le bêtisier de l’émission est lui aussi disponible sur YouTube.